« Évoquer le mal-être de ces jeunes, c’est témoigner de l’état de notre société. Ceux d’entre eux qui ont grandi sans point d’appui, sans étayage affectif, culturel, ont reçu de plein fouet les violences de notre temps. Leur dérive vient dire ce que nous n’avons su leur transmettre du passé et ce que nous avons échoué à leur faire espérer de l’avenir, dans un contexte où le politique se fait aveugle et sourd aux impasses de la vie. Ils sont le symptôme d’un ratage collectif, le symptôme d’une société prise au piège des illusions du néolibéralisme et de l’hypermodernité. Au-delà des problématiques singulières, la misère psychique de certains de nos jeunes nous renvoie à notre responsabilité collective. À nous d’être les passeurs pour ceux d’entre eux qui traversent un passage à vide, ou qui stagnent dans une impasse. L’ascenseur » [p.32]